Déclaration CGT au Comité technique du 27 mai 2019

Déclaration CGT au Comité technique du 27 mai 2019

Le 21 août 2017, vous vous attaquiez au droit syndical en forçant et en séquestrant le matériel de notre bureau syndical.

En décembre 2017, vous vous attaquiez au droit de grève, qui a, fort heureusement, été cassé en partie par le juge administratif.

Ces manœuvres n’avaient-elles pas pour seul but de mettre à mal le droit syndical pour qu’aujourd’hui, au travers du règlement opérationnel, vous attaquiez la qualité des secours mosellans et cassiez notre service public de secours ?

Le service public de secours mosellan a pris un tournant incompressible pour les agents.

Au delà de la détérioration des conditions de travail des agents du SDIS, la baisse de la sécurité en intervention, vous augmentez les délais d’intervention etc. C’est le fondement même de notre engagement qui est remis en cause.

Le mouvement de grève de 2017, initié par les agents, partait uniquement de ce constat. Près de deux ans plus tard, les craintes se vérifient.

Monsieur le Président,  le moral est au plus bas et ce n’est pas les « petits déjeuners» qui vont adoucir la situation.

Les personnels ne sont plus dupes et ont compris d’eux même le proverbe.

« Si tu veux connaitre quelqu’un, n’écoute pas ce qu’il dit mais regarde ce qu’il fait »

Ainsi, depuis quelques années…

Ils observent la diminution de l’habillement opérationnel et sportif et constatent  que certains ont des vestes en cuir de pilotes d’hélicoptère

Ils observent que l’on supprime les logements et constatent  que des privilégiés les conservent

Ils observent que l’on supprime les cuisines et constatent que certains se font rembourser des frais de bouche

Ils observent  que l’on diminue les budgets d’un coté mais qu’on les gaspille de l’autre

Ils constatent une gestion inhumaine par les services RH, nous ne sommes plus que des numéros comme sur nos véhicules.

Ils constatent que les effectifs journaliers ne cessent de diminuer.

Ils constatent la perte d’identité des centres.

Ils constatent le gel de l’évolution de tous les agents.

La liste est trop longue pour tout rapporter ici, et pourtant nous n’avons cessé d’appeler au secours.

En réalité, nous faisons face à une situation où toute modification, qu’elle soit sociale ou opérationnelle, n’a pour seul but que de trouver une solution économique.

Nous ne sommes pas dans une entreprise du CAC 40, nous avons entre nos mains la responsabilité de la vie, sans quoi nous ne prendrions pas notre métier autant à cœur.

Si les personnels ont cru en la parole de vos émissaires lors de leurs tournées, ils ne se laissent plus amadouer avec des croissants.

Nous ne pouvons que vous mettre en garde, vous avez voulu écarter et discréditer les organisations syndicales et en particulier la nôtre.

Mais, le passé nous a démontré que, quand les personnels dépassent les organisations syndicales, il n’y a plus de limites et même en tant qu’organisation responsable, nous ne serons pas en capacité de l’assumer.

Nous sommes ici le relai du sentiment des agents, relai que nous payons individuellement très cher (Mutations d’office, propos diffamatoires, fichage etc.)

Votre serviteur en est la preuve, mais les autres membres de notre organisation n’est pas en reste.

Monsieur le Président, vous honorez, à juste titre, la mémoire de Robert Schuman, rassembleur des peuples, nous ne pouvons donc que vous rappeler le considérant numéro 4 de la directive européen 2003-88

« L’amélioration de la sécurité, de l’hygiène et de la santé des travailleurs au travail représente un objectif qui ne saurait être subordonné à des considérations de caractère purement économique. »

Merci de votre attention

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