1 pompier = 1 masque courrier au préfet de la Moselle sur les conditions de travail COVID19 le 26 mars 2020

Metz, le 26 mars 2020

Monsieur le Préfet de la Moselle

9 place de la Préfecture

57000 Metz

Objet : COVID_19 et protection des personnels

Monsieur le Préfet.

Le COVID-19 a plongé la France dans une situation de crise sans précédent.

Après plusieurs notes contradictoires, la dernière note de service ordonne d’utiliser le masque FFP2 uniquement dans certains cas bien précis.

Le SDIS s’appuie sur une note de la DGSCGC, mais la situation dans le grand est  nous oblige à aller au-delà.

Les préconisations face aux risques infectieux (référence FT 03 E 01 version 1.1.1 mise à jour en sept 2014): annexe 1 sont.

 » Lors de la prise en charge d’une victime porteuse de germes infectieux, les moyens de protection ont pour objectif de limiter le risque de contamination”, “L’équipement avec ces moyens de protection peut être complet ou partiel”.

Les préconisations de juillet 2011 (page 30/51) du rapport titré Stock État de masques respiratoires, Utilisation et dimensionnement du Haut conseil de la santé publique

La Société Française d’Hygiène Hospitalière du 4 mars 2020 préconise les mesures suivantes: annexe 2.

“Que le port du masque chirurgical soit réservé:

  • Aux personnes présentant des signes d’infection respiratoire évoquant un COVID-19 et/ou aux patients COVID-19;
  • Aux professionnels de santé, aux personnes chargées des premiers secours et en charge du transport sanitaire en cas de contact avec une des personnes citées ci-dessus.
  • Que la population non malade ne porte pas de masque chirurgical.
  • Qu’un personnel de santé en contact avec une personne présentant des signes d’infection respiratoire, et en absence d’acte invasif sur la sphère respiratoire, porte un masque chirurgical en face à face (soignant/soigné).”

Pourtant, le même document précise que “Le port d’un masque chirurgical anti-projection permet de réduire la diffusion des particules potentiellement infectieuses et protège les personnes et l’environnement.”

La récente note du SDIS 57, pose en principe général :

  • le port de masques chirurgicaux, lors des opérations au SDIS en présence de cas suspects ou confirmés COVID-19, est requis pour les sapeurs-pompiers et la victime;
  • seuls les personnels devant mettre en œuvre des gestes invasifs (aspiration, intubation…) devront remplacer leur masque chirurgical par un masque FFP2 et compléter leur protection (sur blouse, lunettes, …).”

La modification du 23 mars, opérée sur le site du ministère de la santé et des solidarités, de la fiche pour les transporteurs sanitaires annexes 3 et 4 laisse à penser à une adaptation des préconisations des personnels exposés plus influencée par le niveau de stock et d’approvisionnement que par le niveau de la seule protection de la santé des agents.

Conduite à tenir pour les transporteurs sanitaires en contact direct avec un patient cas possible à coronavirus COVID-19

Il est donc clairement établi, sans contestation, que seul le FFP2 garantit une protection minimale pour les sauveteurs au même titre que les agents hospitaliers qui côtoient les patients avec un risque de COVID-19 ou encore le Chef de l’état lors de sa visite au centre hospitalier de Mulhouse.

Au vue de l’activité opérationnelle, le risque est permanent, à chaque intervention de secours à la personne !

A l’heure où la population est strictement confinée au domicile, nous servons de vecteur de la maladie, le personnel hospitalier est choqué à chaque fois que nous entrons aux urgences.

Que se passera-t-il lorsque nous intervenons dans les ehpad et que nous sommes contagieux et sans protection?

Nous risquons également d’être contaminés, mais aussi de contaminer nos collègues et nos proches.

Et quand un personnel présente des symptômes, la consigne est de le faire venir au travail au risque de contaminer ses collègues.

Le SDIS 57 refuse toute prise en charge en accident de service. Pourtant avec le confinement, le seul endroit où les agents peuvent être au contact du virus est leur lieu de travail, d’autant plus avec un niveau de protection faible.

Nous demandons instamment que toute déclaration de maladie pour cause COVID-19 soit pris en charge en accident de service, ce qui permettra une protection des personnels et de la famille en cas d’aggravation de la maladie.

Nous demandons la généralisation des tests pour les sapeurs-pompiers et personnels administratifs et techniques qui se côtoient quotidiennement.

Les sapeurs-pompiers ont l’impression d’être de la chair à canon, du consommable car ils sont traités comme tel

Nous avons levé le préavis de grève départemental.

Cette décision est un acte responsable de solidarité locale et nationale envers la population mosellane qui mérite, en cette période aussi dramatique, toute notre attention et notre dévouement.

Les événements et les méthodes de notre direction nous font comprendre le contraire.

La gestion purement comptable  de cette crise au sein du SDIS de la Moselle nous laisse perplexe, la santé des agents et surtout des mosellans paraissent alors  secondaires.

Le DDSIS en appelle aussi à la disponibilité des sapeurs-pompiers volontaires.

Le brassage des personnels est propice à la diffusion du virus.

Nous demandons :

  • Que soit appliqué d’urgence le service minimum au même titre que la grève, 
  • De ne plus mixer les équipes et de créer des cycles fixes. 
  • De stopper les gardes sur plusieurs centres de secours. 
  • D’interdire les gardes postées dans les centres mixtes, au profit de l’astreinte. Il est inconcevable de trouver des centres de secours en sur effectif à la garde en cette période. 
  • Que les Sapeurs-pompiers puissent, au même titre que nos collègues soignants, bénéficier de la garde d’enfants. 
  • Que les moyens en masques FFP2 soient débloqués pour le SDIS 57. 
  • La prise de température des agents en début et fin de garde.

Les sapeurs-pompiers de la Moselle iront au bout de leur engagement, risquer notre vie fait partie de notre ADN, sauf quand le risque peut être évité.

Nous refusons  de perdre la nôtre face à l’incapacité d’anticipation de notre employeur, le matériel va manquer pour des raisons comptables.

La fin de cette crise sera le moment de pointer les responsabilités.

Sûr de l’attention que vous porterez à notre santé et celle des mosellans, nous restons disponibles par tous moyens que vous jugerez utiles.

Dans cette attente, veuillez recevoir, Monsieur le Préfet, nos salutations respectueuses.

Pour la CGT du SDIS 57

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